Revue d’intelligence stratégique et des relations internationales

Dounia 2 :
L’Afrique et la crise financière internationale

Pour compléter les études sur la crise financière internationale, en particulier sur l’Afrique, il convenait de poser des regards différents, d’encourager des lectures alternatives de la crise financière actuelle, en promouvant des études originales produites par des chercheurs africains eux-mêmes. La posture correspond à la vocation première de la revue d’intelligence stratégique et des relations internationales, Dounia, qui ouvre, à l’occasion de ce deuxième numéro, un nouvel espace de débat et d’échange en vue d’exposer la pensée africaine. Les articles sélectionnés, dans ce numéro, tentent, à leur manière, de poser des conditions nouvelles dans l’objectivation de la crise actuelle en ce qui concerne l’Afrique.

Décembre 2009

16. Émeutes de la faim

Ignacio Ramonet (Professeur de communication, ancien directeur du Monde diplomatique)
pages 149-151

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Dans plus de trente-sept pays, l’insécurité alimentaire provoqua des protestations en 2007-2008. Les premiers eurent lieu au Mexique à cause de la hausse exagérée du prix du maïs en Birmanie aussi, l’insurrection des moines bouddhites, en septembre 2007, avait démarré par des manifestations contre le coût des aliments. Et au printemps 2008, nous avons assisté à des révoltes dans diverses villes d’Égypte, du Maroc, d’Haïti, des philippines, d’Indonésie , Pakistan, du Bangladesh, de Malaisie et, surtout, d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, cote d’ivoire, Cameroun Bur- kina-Faso).

Ce sont les plus pauvres qui se rebellent, et seulement dans les agglomérations urbaines. Certains, désespérés, en Somalie ou dans le golfe de Guinée, n’hésitent pas à se lancer dans la piraterie pour s’emparer de cargos chargés de richesses. Les paysans, pour l’instant, ne se sont pas insurgés, ni les classes moyennes. Mais les uns et les autres le feront si le prix de la nourriture continuent d’augmenter. Pourtant, le paradoxe est que jamais la production agricole n’a été aussi abondante. L’actuelle flambée des prix n’est pas due à la pénurie, mais à d’autres facteurs – en particulier à la spéculation qui, fuyant l’immobilier et les bourses, se rabat sur les denrées alimentaires et gonfle artificiellement les prix. [...]




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