Revue d’intelligence stratégique et des relations internationales

Dounia 1 :
La géopolitique de l’eau

Ce premier numéro de Dounia a pris l’option de se pencher sur une des richesses stratégiques de la République démocratique du Congo. Le lecteur découvrira, ici, des articles divers et complémentaires qui posent, dans toute sa complexité, la problématique de l’eau pour la République démocratique du Congo. Avec tous les enjeux sous-jacents. Et, pour finir, les analyses attirent l’attention de nos dirigeants sur l’urgence quant à la mise en place d’une organisation institutionnelle et stratégique plus efficiente de « notre » eau, cette richesse de demain.

Septembre 2009

6. POUR UNE VISION GLOBALISTE DES ECOSYSTEMES AQUATIQUES (Eau, écosystème et espèces aquatiques)

Henri MOVA Sakanyi
pages 93-128

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Il n’y a nul doute que les éléments de l’univers sont interconnectés et en interaction. Depuis des temps immémoriaux, ils convergent vers un équilibre qui fonde l’environnement, le système écologique ou le substrat matériel et sur lequel s’organise la vie. Mais loin d’être un système figé, l’univers est dynamique et vit des cycles d’évolution, d’involution et de rupture d’équilibre. Le timing de cette évolution s’est souvent étendu sur des siècles. Les changements intervenus ont été plus ou moins lents au point d’insinuer chez certains le prétendu caractère infini de l’univers. Depuis quelques décennies, la conscience de la finitude de la planète prend place dans le système social. Il devient évident que la terre s’épuise déjà naturellement mais surtout du fait de l’homme. Les activités humaines ont entraîné à n’en point douter des modifications dans les rapports entre les éléments de la planète. Il en est advenu l’épuisement des ressources génétiques de la terre, des changements dans la composition de l’atmosphère, la modification des climats, la modification de l’équilibre chimique de l’eau, etc. Dans l’histoire, d’autres modifications de cette nature avaient eu lieu et avaient provoqué la disparition de certaines espèces qui ne s’étaient pas adaptées aux nouvelles conditions. C’est le cas des dinosaures, des mammouths, des ichtyosaures. Aujourd’hui, le phénomène se reproduit beaucoup plus rapidement et par une cause fondamentale : l’intervention de l’homme dans la rupture des relations basiques entre les éléments du système Terre. L’évidence du conflit entre les activités humaines et les contraintes posées par l’environnement n’appelle malheureusement pas toutes les consciences à des actions de sauvegarde de l’espace de vie de l’humanité. Au-delà, la conception segmentée, bigarrée, scissiparisante des questions environnementales floue l’action humaine sur l’environnement qui n’est pas posée comme un tout. Notre optique, justement, se veut systémique pour élargir les capacités humaines dans la résorption des contraintes nouvelles concernant l’environnement. [...]




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